L’Alinéa – Appel de textes

Tous les ans, l’Association des auteur.e.s de l’Estrie lance un appel de textes sur un thème donné. Tous ceux qui se sentent inspirés par ce thème sont invités à nous faire parvenir leurs créations. Le comité de la revue se réunit ensuite pour sélectionner ceux qui auront la chance de participer au suivi éditorial puis de voir leur texte publié dans la magnifique revue, imprimée et diffusée dans toute la région. Lors du lancement de la revue, au Salon du Livre de l’Estrie, les auteur.e.s publié.e.s peuvent, s’ils le souhaitent, faire la lecture de leur texte.

 

L’Alinéa se veut une porte d’entrée de qualité vers le monde de l’édition. Ouverte à toutes et tous, elle permet souvent une première expérience éditoriale, une première publication papier et une première diffusion à large échelle dans tous les salons littéraires de la région.

 

Lire les anciens numéros de L’Alinéa : https://aaaestrie.ca/lalinea-revue-de-creation-litteraire/

 

APPEL DE TEXTES – Date de tombée 31 janvier 2027

Grimoire

À l’automne 2027, pour souligner le 50e anniversaire de l’AAAE, L’Alinéa explorera le thème “Grimoire”, en hommage au bulletin de l’Asso qui, en 1978, portait ce nom. Comme il l’est expliqué dans le troisième numéro du bulletin Grimoire, conservé aux archives de l’AAAE, un grimoire est “le livre des magiciens et des sorciers pour invoquer des démons et procéder à la métamorphose du monde”.

“Et” : ce n’est pas l’un ou l’autre. Pour changer le monde, il faut invoquer des démons. Pour invoquer des démons, il faut changer le monde. Évidemment : personne n’aurait envie d’invoquer des démons si la vie était belle et facile. Pour les tenants du statu quo, les masques démoniaques des dissidents menacent l’équilibre du monde.

Grimoire évoque une épaisseur parcheminée, l’odeur poussiéreuse d’une vieille bibliothèque, de bougies fondues et d’encens, un cuir taché et des enluminures dorées, des gravures inquiétantes et une table de travail en chêne, avec un crâne humain et un porte-plume. On ne lit pas un grimoire sur une liseuse, on n’achète pas un grimoire en librairie; on le trouve dans une grotte lugubre, au chevet d’un pendu ou dans la bibliothèque d’une capitale ravagée par les siècles.

Un grimoire est un livre de magie, de sorcellerie, par définition réservé aux initié.es; le commun des mortels n’a pas accès à son savoir, à ses tours, à ses enseignements. Son contenu est forcément ésotérique, obscur, impossible à déchiffrer, à l’instar de ces ouvrages d’alchimie chers à Umberto Eco qui, depuis le Corpus Hermeticum attribué au mage Hermès Trismégiste, prétendent détenir la clé de la connaissance. Les magiciens du Moyen-Âge voulaient la pierre philosophale, l’oeuvre au noir, alors que les transhumanistes d’aujourd’hui s’injectent du sang d’adolescents pour ralentir le vieillissement et recherchent la transcendance dans la poursuite de l’intelligence artificielle générale.

Arthur Machen, grand décadent gallois, avait fait dire à un de ses personnages dans Le grand dieu Pan que le Mal, c’était la tentative des humains de s’approprier des pouvoirs détenus par les dieux, alors que le Bien serait la tentative de retrouver les pouvoirs qui étaient siens avant la Chute. Et si le mal n’était que contestation de l’ordre établi ?

Les personnages de fiction seraient-ils des démons, désirant plus que tout nous écarter de la réalité pour nous attirer dans la folie ? L’auteur serait un conjurateur de sortilèges, un illusionniste capable de fasciner autrui, de capturer dans les rets de la fiction quiconque s’écarterait trop du sentier balisé. Ce serait le propre de l’illusion elfique, pour Tolkien : un art capable de se superposer complètement au réel, au point de tromper celui ou celle qui lève les yeux sur lui. N’est-ce pas là le rêve de tout créateur ?

Les grimoires fictifs peuplent nos récits, du Petit Albert du piètre sorcier Amand dans L’influence d’un livre, le premier roman québécois, jusqu’au Livre des morts du film d’aventures La momie (1998), en passant par le fameux Nécronomicon de H. P. Lovecraft, supposément écrit au VIIIe siècle par le poète fou Abdul al-Hazred. Comme la réalité, la fiction invente des grimoires, des livres qu’il faut savoir déchiffrer pour ensuite savoir déchiffrer le monde. Car au fond du réel réside un mystère. Ne sommes-nous pas tous un peu sorciers ?

***

Veuillez envoyer votre texte à [email protected] avant le 31 janvier 2027 en vous assurant de respecter les exigences suivantes :
– Joindre votre nom et vos coordonnées;
– Formater le fichier à double interligne, en Times New Roman (12 points);
– Ne pas dépasser 1000 mots pour les textes en prose ou deux pages pour les textes en vers.

Le comité éditorial se réunira pour évaluer les textes de manière anonyme et contactera les auteur.es sélectionné.es pour les accompagner dans le travail éditorial qui suivra. Conformément à la philosophie de la revue, les personnes dont les textes seront sélectionnés devront garantir n’avoir utilisé aucun agent conversationnel et se montrer ouvertes à retravailler leur texte à la lumière des commentaires du comité. La coopération et le dialogue permettront de réaliser tout le potentiel du texte.

L’Alinéa publie de la fiction, de la poésie, de l’essai et du récit.

 

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