
L’actualité relative au livre « C’était ça ou mourir » de Thélyson Orélien, la décision du Salon du Livre de L’Estrie de le sortir de sa programmation et la décision des éditions du Boréal de stopper la promotion du livre nous amène à faire une mise au point un peu avance alors qu’elle était prévue à l’ordre du jour de notre prochaine Assemblée Générale Annuelle.
Depuis maintenant plusieurs années, l’AAAE travaille tous les jours à ce que ses auteurs membres s’épanouissent dans leur expérience d’auteur. Lancement, lecture, groupes de lecture, d’écriture, ateliers, salons, ventes et dédicaces, tout est mis en œuvre pour que chacun puisse, selon ses envies, trouver à l’Association un soutien qui lui permet de s’accomplir dans son rapport aux mots.
L’arrivée de l’intelligence artificielle dans le domaine de l’écriture n’a rien changé à notre mission. Le Conseil d’Administration, depuis plusieurs mois, discute sur une base mensuelle des problèmes liées à cette technologie et son influence sur l’association. L’IA comme outil est une réalité qu’on peut difficilement ignorer. Comme outil, il se place dans la continuité d’un ancien dictionnaire de synonymes, puis d’un correcteur automatique sur traitement de textes, puis d’un Antidote, capable de repérer des répétitions et de faire une relecture pointue des textes. Comme outil, il va falloir apprendre à l’utiliser.
Par contre, l’AAAE s’oppose absolument à l’IA comme technologie qui absorbe tous les écrits disponibles pour en produire instantanément de nouveaux, sur l’ordre de n’importe qui. Cette intelligence artificielle dite générative ne permet aucun épanouissement des personnes qui l’utilisent. Elle permet de créer des produits, des objets, en quantité illimité. Ce n’est pas de l’art. Ce n’est pas de la littérature.
C’est dans cet esprit que nous continuerons à organiser des événements en présentiels, autant que possible. C’est dans cet esprit que nous continuerons à proposer un suivi éditorial personnalisé et humain aux auteurs de notre revue L’Alinéa. C’est dans cet esprit que nos nouvelles et articles seront écrit par votre coordonnateur. C’est aussi dans cet esprit que nous soutenons le Salon du Livre de l’Estrie dans sa décision de d’abord faire confiance à un auteur, de faire confiance à une maison d’édition reconnue, mais aussi dans sa décision de changer d’avis, de repenser à la présence de Thélyson Orélien à la lumière de nouveaux éléments problématiques que sont les faits de plagiats. Quoi de plus humain que de prendre son temps et de changer d’avis.
Cet événement littéraire continuera certainement à faire des vagues dans le monde littéraire pendant plusieurs semaines voire quelques mois. Il ouvre la voie à un questionnement essentiel qui nécessite une vraie discussion, un vrai débat et de nouvelles règlementations.
Il ouvre aussi la voie à un questionnement tout personnel : si le livre a bien été écrit à plus de 90% par une intelligence artificielle générative qui, tous les jours, continue de s’améliorer, comment vivre le fait d’être ému par les mots d’une machine ? Est-ce un problème ? L’émotion ressentie ne prime-t-elle pas sur l’objet qui lui a permis de naître ?
Des questions nouvelles pour une technologie nouvelle auxquelles chacun aura sa propre réponse.
Pour approfondir :
https://www.ledevoir.com/lire/1011713/thelyson-orelien-est-exclu-salon-livre-estrie?
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2286964/thelyson-orelien-salon-livre-estrie
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