
La Ville de Sherbrooke a dévoilé les lauréats et les lauréates du Grand Prix du livre 2026 lors d’une cérémonie tenue le 16 octobre dans le cadre du Salon du livre de l’Estrie.
Les trois lauréats et lauréates reçoivent une bourse de 4 000 $, tandis qu’une bourse de 1 000 $ est remise à chacun des finalistes.
Création littéraire
- *Lauréat* Ouananiche : amitiés, deuils et pêche à la mouche – Olivier Lussier
- La pêche à la mouche m’a appris le subterfuge. Avancer dans l’eau jusqu’à la mi-cuisse en restant sec. Déployer ma soie en une série de faux lancers. Déposer sur la surface une mouche de poils qui cache un hameçon. Attraper une truite et la remettre à l’eau sans la manger. Faire semblant que tout va bien.
Pêcher est un prétexte pour sortir prendre l’air pendant que les gens que j’aime disparaissent.
- La pêche à la mouche m’a appris le subterfuge. Avancer dans l’eau jusqu’à la mi-cuisse en restant sec. Déployer ma soie en une série de faux lancers. Déposer sur la surface une mouche de poils qui cache un hameçon. Attraper une truite et la remettre à l’eau sans la manger. Faire semblant que tout va bien.
- Pathologique – Sarah McNeil
- Après avoir tenté de mettre fin à ses jours, une pharmacienne se réveille à l’hôpital. Convaincue que tout le monde dans son village gaspésien sait ce qu’elle a fait, elle tente tant bien que mal de surmonter la honte et de réintégrer sa routine. Pourtant, cette expérience a ouvert une brèche dans le récit qu’elle tisse depuis si longtemps autour de ses maux. Par celle-ci s’immiscent d’autres vérités, d’autres histoires. Parmi elles, celle de Thomas, un jeune homme vivant avec un trouble lié à l’usage d’opioïdes qui amorce un traitement à la pharmacie pour tenter de vaincre sa dépendance. Thomas et la pharmacienne apprendront à se connaître dans cet espace étroit et mouvant qu’est la relation soignant-soigné et seront tous deux confrontés à l’impact des inégalités dans l’accès aux ressources. Oscillant entre un cynisme désabusé, un humour grinçant et un espoir timide, mais tenace, Pathologique explore la possibilité d’une vision métamorphosée des soins de première ligne.
- Même pas morte – Geneviève Rioux
- 27 mars 2016. Steph est victime d’une tentative de viol et de meurtre au cœur de la nuit. L’onde de choc réveille une blessure profonde autour d’elle et en elle-même ; l’histoire récidive. Puis une question brûle.
TOÉ, QUI ES-TU ? STEPH T’A COMBATTU ET T’A RÉSISTÉ. TU AS PERDU À LA MORT, ELLE A GAGNÉ À LA VIE.
Quête profonde de justice, hommage à ce qui pousse vers la lumière, ce roman explore les rouages d’une enquête et la trajectoire d’une victime face au système judiciaire.
Geneviève Rioux écrit cette fiction comme on suture des plaies pour les guérir. Le souffle retrouvé, puis retenu jusqu’à la dernière ligne, une question reste toutefois, telle une exclamation : « Qui meurt au moment de tuer ? »
- 27 mars 2016. Steph est victime d’une tentative de viol et de meurtre au cœur de la nuit. L’onde de choc réveille une blessure profonde autour d’elle et en elle-même ; l’histoire récidive. Puis une question brûle.
Poésie
- *Lauréate* Prise de présences – Vanessa Courville
- Le temps d’une année, une professeure se rend sur la Côte-Nord pour enseigner à des enfants. S’y profile la possibilité d’une fuite, au bout de la route 138, loin des blessures vives qui font d’elle une femme glissante, essoufflée. En décalage avec les gens du village, elle interroge sa présence dans l’immensité des paysages et cette douleur persistante qui l’habite – une noirceur qu’elle affronte au contact sensible et sans artifice de ses élèves. Qui sommes-nous à l’instant où nous ne souffrons plus ? Dans ce nouveau temps – celui de la lenteur – et dans ce nouvel espace – celui de l’enfance au cœur de la nature –, elle prend la mesure de ce qui l’enferme en elle-même.
Naviguant entre récits de classe et poèmes intimistes, Prise de présences explore la responsabilité des adultes face à la joie tout en remettant en question l’école traditionnelle et sa déconnexion profonde avec la vie.
- Le temps d’une année, une professeure se rend sur la Côte-Nord pour enseigner à des enfants. S’y profile la possibilité d’une fuite, au bout de la route 138, loin des blessures vives qui font d’elle une femme glissante, essoufflée. En décalage avec les gens du village, elle interroge sa présence dans l’immensité des paysages et cette douleur persistante qui l’habite – une noirceur qu’elle affronte au contact sensible et sans artifice de ses élèves. Qui sommes-nous à l’instant où nous ne souffrons plus ? Dans ce nouveau temps – celui de la lenteur – et dans ce nouvel espace – celui de l’enfance au cœur de la nature –, elle prend la mesure de ce qui l’enferme en elle-même.
- Filles de Gore – Clémence Dumas-Côté
- En plein juillet, Clémence se rend avec son amoureux et ses trois enfants dans une cabane en forêt à Gore, un village des Basses-Laurentides. Elle sait qu’elle perdra bientôt sa grossesse, commencée il y a un peu plus de deux mois. Quelques jours avant, on lui a confirmé que le cœur avait cessé de battre.
La nuit du 10 au 11, pendant que sa famille dort à l’étage, elle accouche d’une bulle d’eau, seule. Il n’y a près d’elle qu’un téléviseur au son coupé, une chandelle, et un exemplaire usé des Filles de Caleb trouvé là par hasard.
Lecture entrecoupée de contractions. Les filles de Caleb tombent en morceaux, en fatras de mots. C’est à même ces miettes que les poèmes se composent. Voici le distillat d’une expérience limite, d’une nuit où les limites se déchirent. Filles de Gore est un livre de poèmes brisés. Puis il y a un lendemain matin, avec «trois enfants vivants terminés debout».
- En plein juillet, Clémence se rend avec son amoureux et ses trois enfants dans une cabane en forêt à Gore, un village des Basses-Laurentides. Elle sait qu’elle perdra bientôt sa grossesse, commencée il y a un peu plus de deux mois. Quelques jours avant, on lui a confirmé que le cœur avait cessé de battre.
- Pour rien au monde – Louise Marois
- Né d’un séjour parisien solitaire, en temps d’effondrement amoureux, Pour rien au monde donne à lire et à voir l’absence substituée en images. Ne pouvant partager avec l’autre l’émoi éprouvé devant la permanence du décor urbain cohabitant avec la précarité des personnes qui s’y promènent, Louise Marois en appelle plutôt aux choses oubliées et à une temporalité qui lui échappe au fil des errances dans la ville et dans ses pensées. Pour matérialiser l’imaginaire comme le font si aisément les photos de voyage, ce livre s’aventure au croisement de ce qui s’impose à la vue et de ce qui se sublime dans nos souvenirs, et nous offre avec sensibilité une poésie vouée à l’image des mots.
Essai
- *Lauréat* Séparés mais égaux – Christophe Allaire Sévigny
- Dans Séparés mais égaux, Christophe Allaire Sévigny enquête sur un système d’éducation qui, sous couvert de la liberté de choix, a glissé vers une forme moderne de ségrégation sociale. Les élèves québécois font aujourd’hui l’expérience d’une «école à trois vitesses» qui les discrimine en fonction des moyens économiques et du bagage culturel de leurs parents. L’école pour tous a disparu.
À mi-chemin entre l’essai et le reportage sociologique, cet ouvrage part de l’expérience vécue des élèves, dont les témoignages sur les stigmates que laisse un tel système sont bouleversants, et fait entendre des professeurs et de nombreuses personnalités publiques qui ne décolèrent pas face aux reculs actuels de nos idéaux démocratiques.
On en sort lucide et moins capable d’accepter l’inacceptable.
- Dans Séparés mais égaux, Christophe Allaire Sévigny enquête sur un système d’éducation qui, sous couvert de la liberté de choix, a glissé vers une forme moderne de ségrégation sociale. Les élèves québécois font aujourd’hui l’expérience d’une «école à trois vitesses» qui les discrimine en fonction des moyens économiques et du bagage culturel de leurs parents. L’école pour tous a disparu.
- Les classiques littéraires. Introduction à une sociologie. – Anthony Glinoer
- Une situation peut être kafkaïenne et un repas gargantuesque. On dit d’un tel qu’il est aussi intelligent que Sherlock Holmes et on associe depuis Proust la madeleine au souvenir. Les classiques littéraires sont tout autour de nous, jusque dans le langage courant. Mais comment une oeuvre devient-elle un classique ? Et pourquoi la lit-on encore ? Quels sont nos usages des classiques littéraires ? Quelles fonctions leur attribue-t-on ? Ces questions se posent avec une acuité particulière alors que les discours sur l’identité, la transmission culturelle et les traditions sont plus nombreux et plus antagonistes que jamais. Réédités, enseignés, adaptés, réécrits, réimaginés et inlassablement commentés, les classiques littéraires ont toujours joué un rôle important dans la définition de l’identité d’une communauté – nationale ou non. L’auteur de ce livre pose un regard éclairé par la sociologie historique sur un sujet qui continue d’interroger notre rapport au monde.
- Mourir de froid, c’est beau, c’est long, c’est délicieux – Nathalie Plaat
- Au fil des récits croisés, des corps enlacés, une femme nous confie comment elle est née comme amoureuse — marquée à jamais par ce jeune homme si lumineux qui sombrera progressivement dans une psychose — et nous transporte dans les corridors de son cœur de psy, qui soigne les âmes dans une maison victorienne de Sherbrooke. S’y dessine un rapport avec la nuit, les boisés, les chiens, les enfants, la musique (Frédéric Chopin, Richard Desjardins), et plus radicalement le deuil et le désir, qui révèle un monde possible en marge des jours policés.
Créé en 1989, le Grand Prix du livre de la Ville de Sherbrooke met en valeur la littérature locale et contribue au rayonnement des autrices et des auteurs de la région.
- Christophe Allaire Sévigny au centre, accompagné de Jean-Pierre Perreault, recteur de l’Université de Sherbrooke, et de Danielle Berthold, représentante de la Ville de Sherbrooke.
- Vanessa Courville reçoit pour Olivier Lussier le prix de Création, accompagnée de Danielle Berthold, représentante de la Ville de Sherbrooke, et de Juliana Léveillé-Trudel, présidente du jury
- Vanessa Courville au centre, accompagnée de Danielle Berthold, représentante de la Ville de Sherbrooke, et de Mathieu K. Blais, président de jury
- En haut : Christophe Allaire Sévigny, Nathalie Plaat, Vanessa Courville, Louise Marois, Mathieu K. Blais, Sarah McNeil. En bas : Geneviève Rioux, Clémence Dumas-Côté, Danielle Berthold, Juliana Léveillé-Trudel, Florent Gouézin, Josée Vincent
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