
Ne manquez pas le lancement du prochain livre de Mélanie Noël, La mort des autres, aux éditions Somme toute.
L’événement aura lieu au Siboire Centre-Ville de Sherbrooke, le 31 mars.
Entre questionnements et humanité, un regard sur la fin de vie.
À quelle distance se tient-on de la mort ? Chaque jour qui passe, on s’approche inévitablement de la nôtre. Mais celle des autres ? Celle de nos proches qu’on aime tant ? Celle des étrangers à notre portée ? On détourne le regard ou on lui tend la main quand elle s’annonce ?
À titre de journaliste dans un quotidien pendant 18 ans, Mélanie Noël a eu le privilège de se plonger, quelques heures ou jours, dans mille et un univers et, avant d’écrire ses reportages, de poser toutes les questions qui lui venaient en tête. Ainsi, elle a mieux compris l’humain, la vie. Mais la mort, non. Elle a eu beau multiplier les entrevues avec des personnes en fin de vie et leurs proches, elle est demeurée hantée par la mort qui refuse de répondre à ses questions. En se portant volontaire pour être bénévole dans une maison de soins palliatifs, arriverait-elle à apprivoiser la grande inconnue ? En la côtoyant régulièrement sur une longue période, est ce qu’elle arriverait à la connaître suffisamment pour lui sourire lorsqu’elle s’approchera d’elle ? L’embrasser, quand elle deviendra inévitable ?
Extrait – La mort des autres
« La dame dans la chambre 2 boit doucement sa soupe dans une tasse adaptée. Elle est silencieuse. Elle me demande de porter à sa bouche une cuillérée de son omelette (1/4 de portion). Elle garde les yeux fermés en mastiquant sa bouchée. Je réalise qu’il est trop tard pour toutes les questions que j’aimerais lui poser. Elle ne semble pas avoir la force de converser. Mais elle mange sa portion entière de crème glacée à la vanille et boit son verre de lait, comme à tous les repas.
Quand on nourrit un nourrisson à la cuillère, il a les yeux grands ouverts. Il regarde ce qui le fera grandir, son avenir.
En soupant avec mon collègue bénévole, j’apprends qu’il a rencontré sa conjointe, une préposée aux bénéficiaires, à la Maison, il y a presque quatre ans. Il n’y a pas juste des histoires de deuil qui naissent ici. Ce même collègue me raconte ensuite le moment le plus touchant qu’il a vécu au cours de ses sept années de bénévolat. Un jeune père dans la quarantaine était sur le point de mourir et son fils de 19 ans a demandé s’il pouvait avoir un stéthoscope. Il voulait entendre le dernier battement de cœur de son père. »
Mélanie Noël travaille la matière des mots dans des projets variés. Journaliste à La Tribune de 2005 à 2022, elle remporte le prix Judith Jasmin en 2015. À titre de parolière, Mélanie collabore avec de nombreux artistes québécois. Ses paroles sont sur trois albums ayant remporté un Félix au Gala de l’ADISQ. Elle publie les recueils de poésie Inséparables distances (2022) et Piéger l’éternité (2023) aux Écrits des Forges et les romans Debout dans vos absences (2023) et L’intimité du chaos (2024) chez Hamac. En 2023, elle est lauréate du Prix du CALQ– Artiste de l’année en Estrie. Elle est récipiendaire d’une bourse de la Ville de Sherbrooke en 2026 pour la mise en scène de La mort des autres.
Lire également
Nouveauté – Portrait d’une fille ordinaire, d’Elizabeth Pouliot
Portrait d’une fille ordinaire : un premier roman adulte signé par Elizabeth Pouliot, une autrice jeunesse de Magog Après dix […]
