Le visiteur

Un autre jour s’est glissé presque sans bruit, dans mes draps préférés froissés par la nuit. Il ne dit rien, pas même un mot de travers. Il s’installe simplement, un soupir suspendu en l’air. Son odeur a quelque chose de familier, un parfum oublié.

Je me réveille… mais pas tout à fait. Le ciel semble gris, un peu discret. Je suis immobile et je me surprends encore à comparer mon esprit et ce qui se passe dehors.

J’entends le vent qui s’agite, comme mes pensées que je n’arrive plus à retenir. Mon âme s’éveille à ce vent brutal qui gronde à n’en plus finir.

J’ai entendu dire que la nuit n’oublie rien, et qu’elle dépose dans nos rêves des souvenirs, parfois des riens. Elle laisse passer les bruits et certaines images, elle les recueille minutieusement pour s’en servir lors d’un autre voyage.

Puis, un jour, il s’est posé quand je ne l’attendais plus. C’était au réveil, lorsque le vent s’était perdu. Il n’a rien dit, juste un regard posé, comme s’il feuilletait mon silence fatigué.

— Qui êtes-vous ?

Mais le visiteur s’est levé sans détour.

J’ai cru reconnaître, dans l’ombre de ses pas, ce vieux rêve débile qui ne me quitte pas.

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