Même si mourir

étoiles mortes dans ma tête
nuit baptisée dans une mer des cauchemars je nage
ciel piécé d’aubes ne borde plus mes songes

si pleut la lumière
gouttes noires sur mon toit
sécheresse d’encre ne me fera pas mordre mon ombre ce soir ma plume fait l’amour aux mots nus

des phrases crochues
des failles griffent ma mémoire, revient le temps où j’écrivais des mots petits pansements,
pour blessures plus vastes que mon âme

temps tant passé
j’ai jeté ma vie à la mer
et j’hachure le vide qu’elle comblait d’eau d’yeux

le réel
un enfant qui boit ses cris
sous les fouets d’un destin tari de tendresse une plaie immense pour pays
porter les rêves sur la peau est jeu trop douloureux

il cherche l’espoir une pièce de monnaie
égarée dans les égouts du Cap-Haïtien

nous sommes tous ici des enfants de la rue
dans nos yeux flambent ondes de feu que l’on cherche à cracher
et l’on cherche aussi à cracher notre existence même si mourir ne fera pas fleurir nos pailles

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