Les fleurs du tapis des années 80

Mon père est plus fort que le tien
une ligne d’enfance jamais osée
mon père était pas spécialement costaud
je le trustais pas

Le dernier rendu a la crotte au cul
autres paroles jamais prononcées
j’étais pas particulièrement rapide
je me trustais pas

Ma mère est meilleure que la tienne
ça non plus
ma mère, je l’aurais échangée contre le chat du voisin
c’était une pas fiable

construire son enfance
sans plan ni mesure
à coups de pédales et de dédales
à se ramancher la chienne à Jacques
pour se sculpter un air d’aller

une enfance à géométrie variable
comme les fleurs du tapis
parfois tendres et jolies
souvent merdiques et nauséeuses

L’herbe est pas plus verte chez le voisin
qu’ils disent
ben chez nous c’était le Sahara
une insolation permanente
à force de recevoir les rayons des autres en pleine gueule
et vivre chez soi déshydratée
aucune oasis pour se reposer
où rêver son mirage tranquille

un grand désert des plus vides

 

Mélanie Bizier travaille comme psychologue dans la région de Sherbrooke. L’an dernier, elle s’est découverte dans la poésie et a choisi d’y plonger tête première. Elle participe à divers ateliers d’écriture, à des appels de textes et devait se lancer dans le slam, mais les mesures d’urgence l’ont sauvée. Elle aime les univers éclatés où les émotions transpirent de vérité.

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